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Une vision économique floue, un verrouillage politique imposant

Le gouvernement mise sur un taux de croissance plus significatif pour l’année prochaine. Cette année, il ne faut pas croire à un miracle, les indicateurs sont au rouge, coronavirus étant. Mais la question n’est pas de savoir quelles en étaient les causes, la question est plutôt : que ferait le gouvernement pour redresser l’économie ?

Lors d’un discours à la nation au cours de la période de confinement, le président de la République a avancé un « Plan Marshall » dont certains détails ont été expliqués aux acteurs économiques et sociaux du pays. Si l’intention était bien présente, la manière de faire laisse à désirer, tellement on sent une certaine frustration au sein du secteur privé. Que faudra-t-il faire pour l’agriculture ? Que fait-on dans le domaine de l’exportation? Quel soutien le gouvernement apporte-t-il au niveau des micro-productions locales ? A-t-on préparé la période de soudure ou devra-t-on importer encore du riz ? Y-a-t-il un « think tank » économique qui se penche sur la fragilité de l’Ariary ? A quel niveau se situe actuellement notre industrialisation tant criée sur tous les toits ?

A ces questions à caractère économique s’ajoutent celles à caractère social : comment éviter une explosion sociale alors qu’on n’arrive pas vraiment à créer des emplois ? Déjà, des emplois qui existaient sont carrément menacés avec ces fermetures d’entreprises appartenant à des adversaires politiques. Le gouvernement est incapable jusqu’ici à propulser une politique d’emploi efficace. Beaucoup de projets ont été annoncés au cours de la campagne électorale mais jusqu’ici aucun effet escompté. Pire, les fonctionnaires et travailleurs devraient se résoudre à emprunter…sur un fonds qu’ils ont même renfloué.

La vision économique demeure floue. Tandis que le verrouillage politique reste imposant. L’équilibre nécessaire à une harmonie de gestion étatique n’est pas respecté. On n’écoute pas l’opposition, on continue à la martyriser. On essaie de réduire au minimum le peu de voix qui s’élèvent à l’Assemblée nationale, et à néant celles émanant du Sénat. On essaie de réduire au silence les comptes et pages des réseaux sociaux qui génèrent des débats (bien que certains débats soient au rabais), on essaie de limiter le champ des critiques et celui de la liberté d’expression…

Bref, il manque de véritables débats de développement. Noyé dans cette dune de promesses d’infrastructures clinquantes, le débat économico-social n’existe pas. La corruption continue de ravager sournoisement nos efforts, la protection des intérêts des opérateurs et acteurs économiques malgaches tarde à venir, et elle s’éloigne même. Au profit de la politique, avec visée électorale déjà, l’économie et le social souffrent. La valeur ajoutée de la production locale reste insignifiante, l’Ariary dégringole, les prix des carburants ne suivent pas la tendance mondiale, et pire, comme conséquence, le rang mondial de la Grande Ile reste très critique. Encore une fois, les tenants du régime actuels se sont préparés à être élus, ils ne se sont pas préparés à gouverner.

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