Politique

Tuerie à Farafangàna: Le Secrétaire d’Etat à la gendarmerie monte au créneau

Le général Richard Ravalomanana défend les agents pénitentiaires sur la gestion de l’évasion massive des prisonniers à Farafangana. Il informe que les fugitifs ont violenté le personnel de garde avant de prendre la fuite. Ce qui justifie à ses yeux la réplique violente des gardes ayant abouti à une vingtaine de morts parmi les détenus.

L’assassinat massif des évadés de la prison de Farafangana aurait-il pu être évité ? Les forces de l’ordre ont-ils respecté la procédure d’usage comme la sommation avant d’abattre une personne, même si c’est un prisonnier? La vie des forces de l’ordre était-elle menacée pour justifier des cas de légitime défense ? Ce sont autant de questions sur lesquelles la commission d’enquête réclamée par la Commission nationale indépendante des droits de l’homme (CNIDH) devraient justement apporter des réponses.

Toutefois, le général Richard Ravalomanana n’a pas attendu d’y voir plus clair  avant de monter au créneau. C’est le moins que l’on puisse dire des propos du Secrétaire d’Etat en charge de la gendarmerie (SEG) lorsqu’il a donné son point de vue face aux accusations de la société civile qui pointe du doigt les éléments des forces de l’ordre comme étant l’auteur de ce « massacre » qu’ils qualifient d’une violation du droit à la vie.

« Ce n’est pas aux éléments des forces de l’ordre qu’il faudrait apprendre les cours de droits. Nous avons étudié les droits humains jusqu’à l’étranger même. Ce n’est pas à eux de nous donner des leçons là-dessus», argue le SEG, en se référant aux accusations de la société civile. Il a aussi indiqué dans la foulée que les éléments des forces de l’ordre n’ont pas besoin de réprimandes mais de soutien et d’encouragement.

« Il ne faut pas oublier que ces détenus ont fait usage de violence avant de prendre la poudre d’escampette en jetant des pierres aux trois personnels de garde. J’invite ces défenseurs de droits de l’homme à descendre sur le terrain pour constater de visu ce que les éléments des forces de l’ordre doivent endurer durant leur mission» ,a-t-il souligné.

S’agit-il donc d’une vengeance pour les militaires ? En tout cas, la CNIDH à travers un communiqué, condamne les responsables qui ont donné l’ordre ou l’autorisation aux éléments de l’OMC (Organe mixte de conception) d’arrêter à tout prix les fugitifs. La riposte a abouti à l’usage disproportionné de la force, et le droit de toute personne à la vie a été violée « de façon inhumaine » selon toujours la CNIDH. Elle suggère à ce qu’une commission d’enquête regroupant les parlementaires, la société civile ou encore les religieux soit mise en place très rapidement pour élucider cette affaire.

De leur côté, les membres de la Plateforme nationale des organisations de la société civile de Madagascar (PFNOSCM/Voifiraisana) ont souligné dans leur communiqué que ce drame a aussi et surtout créé un sentiment d’horreur à la vue du bain de sang, des corps humains blessés et mutilés dont un grand nombre appartient à des familles locales. Elle a également évoqué que cette mutinerie ne fait que refléter le pourrissement du système carcéral et judiciaire où corruption et conditions inhumaines dégradantes font loi.

Des investigations approfondies

Le ministre de la Justice, Johnny Andriamahefarivo ainsi que le ministre coach d’Atsimo Atsinanana, Gisèle Ranampy sont à Farafangana actuellement. Cette délégation interministérielle mène une enquête et des investigations sur ce qui s’est réellement passé sur place.

Ce déplacement a également pour objectif de trouver les moyens qui seront mis en œuvre pour la capture des fugitifs. Le chef de la maison carcérale de Farafangana, Robson Andrianirina, a fourni aux responsables les explications possibles des motifs de cette mutinerie. La restriction des visites pendant le confinement ou encore les ajournements répétés des procès auraient pu encourager les prisonniers à s’évader selon les hypothèses avancées par ce responsable. Selon le dernier rapport du ministère de la Justice, vingt prisonniers sur les 88 évadés sont encore en cavale. Parmi eux, des individus condamnés à perpétuité.

 

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