Politique

Le régime se fait de plus en plus d’ennemis

Le bilan du régime est peu convaincant, alors que les dirigeants ont le talent exceptionnel de se faire des ennemis.

Légitimité chancelante ? Le poids des doublons pèse-t-il lourdement sur les épaules du pouvoir en place ? La réalité offre à l’opposition des brèches béantes et elle ne donne pas du répit aux gouvernants. Qui plus est, ces derniers ne font rien pour apaiser la situation. Au contraire, ils donnent l’impression d’attiser le feu.

Sur tous les fronts, la contestation prend de plus en plus des formes disparates. La distribution des aides sociales connaît toujours des chahuts sur les terrains, notamment dans l’Analamanga. Certains élus d’autres régions intervenant sur les stations télé privées ont montré leur frustration tant leurs « faritra » ne bénéficient pas de ces largesses gouvernementales.

Les tumultes gagnent même les institutions si l’on ne cite que l’Assemblée nationale et le Sénat dont des parlementaires contestent une démocratie bancale laminée par des manipulations d’artifices juridiques sur leur propre fonctionnement. La décision de diminuer le nombre des sénateurs pour l’avenir est vue comme une velléité d’amoindrir la voix des régions, limitant leur représentation à la Chambre Haute. Bien que certains ne s’expriment pas pour le moment, ils le digèrent mal. Cette décision est vue comme une stratégie politique dont la finalité est d’éviter le risque lié à ces épisodes de navette entre les deux chambres. Pour certains, le motif de gaspillage n’est qu’un leurre.

Mise à part l’opposition officielle réunie au sein du RMDM, les tenants du régime se font de plus en plus des ennemis. Les fonctionnaires et les travailleurs sont appelés à se souscrire à un prêt s’ils sont en difficulté. Et soyez-en sûr, ils le sont. La preuve, le premier responsable de la Cnaps mentionne fièrement le nombre des inscrits qui grossissait ces derniers temps. Les travailleurs s’attendaient plutôt à une aide, à une dotation non remboursable, mais sûrement, l’Etat ne dispose pas assez de ressources pour cela. Du coup, les souscripteurs n’ont pas le choix. La résignation s’installe, mais ils gardent cette frustration dans un coin de leur tête. Le moment venu, ils le rappelleront.

Cette incarnation de bâtisseur d’ennemis s’étend dans la capitale de Madagascar. En cacophonie avec les conseillers municipaux d’Antananarivo, l’Exécutif de la CUA subit la risée des adeptes des réseaux sociaux. Les railleries et la dérision inondent le terrain à cause de cette inscription dans le budget révisé de la Commune des lignes de différentes sortes de droits jugés inadéquats par les usagers et autres citadins.

Conscient de l’absurdité du contexte, le Maire essaie de se rattraper en proposant l’examen de ce budget à la session de septembre tout en subissant dans les réseaux sociaux tantôt les remontrances des uns, tantôt les sarcasmes des autres avec ces photomontages ridiculisant la situation. Toujours est-il qu’une bonne partie des habitants de la capitale commencent à avoir des doutes sur la crédibilité des dirigeants de la ville, sur leurs capacités à tenir leurs promesses, à l’image du maintien de Easy Park, alors que le candidat-Maire a fait de sa «suppression » son cheval de bataille lors de la campagne électorale.

L’on ne cite même plus les cas des kiosques détruits et autres pavillons vivant sous l’épée de Damoclès, dont les propriétaires constituent de potentiels ennemis du premier magistrat de la ville issu du sérail du groupement Mapar.

Légitimité chancelante, le régime a besoin d’un fort catalyseur pour se remettre en selle au plus vite. Il devrait cesser les différents harcèlements économiques à l’encontre de certaines entreprises pour s’investir d’une onction favorable. Ce n’est pas en se mettant au dos contre une grande partie des paysans de Vakinankaratra sous-prétexte que ceux-ci approvisionnent la société proche de Marc Ravalomanana que le pouvoir s’érige une image d’élite du progrès. Au contraire, le manque d’empathie, la culture d’arrogance, et l’absence de discernement, ne font que nuire à sa réputation. Le mandat présidentiel avance pas-à-pas vers la ligne médiane, et pour le moment, le bilan laisse à désirer.

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