Politique

Gestion de la crise du coronavirus: « Il est temps que l’Etat rende des comptes »

Un bilan s’impose avec l’accalmie attendue de la propagation du Covid-19. Outre la nécessité de transparence sur le financement, l’Etat devra s’expliquer sur certaines situations comme la prise de décision tardive sur le renforcement des équipements et des structures d’accueil des malades.

Les pertes liées à la crise du coronavirus sont incommensurables pour le pays, les entreprises, les familles et tous les Malgaches. Il y a forcément des responsabilités vis-à-vis de ceux qui ont perdu des proches, leurs emplois ou qui ont fait faillite. A commencer par celles de l’Etat qui prenait les décisions pour faire face à cette pandémie. Avons-nous fermé à temps nos frontières? Avons-nous fait le nécessaire en vue de la prise en charge des malades?  Les aides ont-ils été gérées et distribuées efficacement pour que ceux qui sont touchés par la crise, entreprises ou salariés, avaient pu en bénéficier?

Autant de questions capitales qui méritent de réponses claires. D’abord pour identifier et éventuellement sanctionner ceux qui ont failli à leurs devoirs et surtout pour tirer des leçons en cas de deuxième vague ou si jamais de tel scénario survient encore dans le futur.

Les ravages du coronavirus font le tour du monde depuis le mois de janvier et les premiers cas ont été officiellement détectés à Madagascar au mois de mars. Et pourtant, lorsque la maladie avait explosé au mois de juin, les centres d’accueil destinés à accueillir en nombre les malades n’étaient pas prêts, et des gens sont morts faute de prise en charge à temps et d’oxygène.

Pire, le gouvernement faisait une véritable navigation à vue et il fallait l’intervention du chef de l’Etat toutes les deux semaines pour connaitre les lignes à suivre. Les autorités ont-ils suffisamment pris les mesures du danger et avaient anticipé les mesures en cas de pire scénario? Est-ce que des gens sont morts puisque l’Etat n’a pas fait correctement son travail?

Des comptes doivent également être rendus sur la gestion des aides et des financements, internationaux ou locaux, destinés à la lutte contre le covid-19. Là encore, la compétence et les décisions de l’Etat mérite d’être tirés au claire puisque, jusqu’à aujourd’hui, une grande partie de la population se plaignent encore de ne pas avoir bénéficié d’une quelconque aide de l’Etat. Mais également, il faut également se poser la question si des gens se sont enrichis à cause du malheur des autres, grâce à la corruption, au favoritisme ou aux abus divers. Voilà pourquoi une investigation est souhaitée sur l’affaire concernant le ministre de l’Intérieur et son épouse sur un marché public de gré à gré, dans laquelle une suspicion de conflit d’intérêt a été soulevée.

Dans sa dernière intervention télévisée, le président du Sénat Rivo Rakotovao, a bien résumé l’attente de l’opinion à ce sujet. «On aimerait bien savoir combien d’argent avons-nous reçu, combien a été dépensé pour l’achat de voitures, d’équipements, de médicaments puisqu’il s’agit de l’argent de la population», s’est-il demandé. La société civile réclame également à l’Etat depuis longtemps les détails sur les marchés publics, leur montant, les adjudicataires depuis longtemps mais en vain.

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