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Fermeture de Magro/AAA: Où sont passés les SIM, FIVMPAMA, GEM, GEFP, et autres ?

Face aux persécutions de Triple AAA, les groupements patronaux ont préféré le silence. Par peur. Sans doute. Mais de qui?

« En raison d’un ralentissement généralisé des activités économiques, le taux de croissance économique pour 2020 est révisé à 0,8% contre une prévision initiale de 5,5% ». C’est le Ministre de l’Economie et des finances qui parle. Une déclaration reprise par le Magazine Expansion Madagascar (N°23, Mai-Juin 2020). Ah oui, 4,7% de différence. Mais à cause de qui, de quoi ? Du coronavirus, bien sûr. C’est évident. C’est facile d’y voir clair, n’est-ce pas ?

Le même responsable étatique, qui ordonne les sanctions à ceux qui présentent de défaillance en termes de paiement d’impôts, affirme, cité dans le même magazine Expansion Madagascar, qu’« il faut soutenir les secteurs les plus vulnérables (…) ». Bonne initiative. Mais cela signifie-t-il donc que ceux qui marchent relativement bien, à l’image de Magro Triple A, sont à stopper ? Avec tous ces désagréments, malgré le fait que cette entreprise soit en règle vis-à-vis du Fisc, comment comprendre le geste de ce Ministère ? Plus on ferme Magro Triple A, plus l’argent de l’Etat ne rentre pas. C’est d’une irresponsabilité criante face à la situation exceptionnelle du moment.

Le même ministre de continuer : « les recettes fiscales et douanières initialement prévues de 7 036,80 milliards Ariary ne seront plus que de 5 000 milliards d’ariary en 2020, soit une diminution de l’ordre de 29% par rapport à la loi de finances initiale, si le ralentissement des activités économiques ne dépasse pas trois mois ». Coronavirus mis à part, on ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Le rôle de l’Etat n’est-il pas de prendre toutes les dispositions pour que le moindre ariary issu des activités économiques qui fonctionnent encore puissent rentrer dans la caisse de l’Etat ? Et mieux, ne devrait-on pas aider ces entreprises qui font face aux multiples difficultés au lieu de les fermer ? En pareille circonstance, les artifices juridiques administratifs reprochés au Magro Triple A constituent des motifs fallacieux, insidieux et sournois.

En outre, la léthargie du milieu économique du secteur privé ne favorise pas un contexte serein. La question qui se pose actuellement est : « Où sont les SIM, Fivmpama, GEM, GEFP, et autres ? ». Convoqués à Iavoloha, il y a quelques mois, pour entendre ce que le Président de la République voulait leur parler, ces entités se muent en escargot et se plient dans leur coquille.

On ne voit plus ces communiqués qui soutiennent un des leurs, victime d’un harcèlement politico-économique. C’est loin l’époque où ces entités se mettent debout contre les aléas administratifs dont elles avaient été victimes. Il est révolu le temps où ces « barons » de l’économie nationale se retroussent les manches pour faire face aux intimidations de tout genre.

Certes, il y a parmi eux des « patrons » qui siègent actuellement au sein du régime en place, certains tirent profit de la décadence des autres concurrents, perfidement, et avec beaucoup d’hypocrisie, mais la conséquence imprévue d’une telle attitude reste imprévisible, surtout lorsque la situation prend une ampleur politique, car « le couvercle de la marmite » pourrait exploser à tout moment, et c’est ce qu’il faut éviter…

Dans ce même magazine cité plus haut, le président du Syndicat des Industries de Madagascar (SIM), Amiraly Hassim, souligne qu’« il faut réorienter la stratégie de développement malgache, produire localement le maximum de biens de consommation et en réduire l’importation, d’une part, et, d’autre part, favoriser l’exportation de produits manufacturés ». Cet opérateur ne croit pas si bien dire. Il est dans…l’agroalimentaire.

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