Politique

Affaire Farafangàna: « Les forces de l’ordre n’ont jamais reçu l’ordre de massacrer les évadés »

Le ministère de la Justice affirme n’avoir donné aucun ordre de tirer à vue sur les évadés de Farafangana. Les enquêtes sont actuellement en cours pour élucider cette affaire avec les mesures qui s’imposent.

C’est une prise de position qui met les forces de l’ordre dans une situation délicate. Le ministre de la Justice, Johnny Richard Andriamahefarivo, a donné sa version des faits après sa descente à Farafangana pour superviser l’enquête. Selon lui, les éléments des forces de l’ordre sur place n’ont reçu aucun ordre de qui que ce soit de tirer sur les fugitifs. Le débordement ainsi que la confiscation du fusil d’un agent pénitentiaire l’ont encouragé à appuyer « facilement » sur la gâchette. A l’entendre, il s’agit purement et simplement d’une légitime défense sans que le ministère de la Justice ait donné l’ordre de procéder à un massacre.

Dans un communiqué, le ministère de la Justice informe que le Garde des sceaux a été contacté par le Premier ministre dimanche à 13h30 afin de lui communiquer les nouvelles sur cette évasion massive. Johnny Richard Andriamahefarivo a ainsi appelé par téléphone tous les responsables à Farafangana mais ils étaient tous injoignables. Ce n’est que vers 16h30 qu’il a finalement pu joindre le procureur mais ce dernier lui a informé qu’il n’était au courant de rien car il n’était pas sur place.

« Est-ce que l’organe mixte de conception a été contacté au moment des faits ? la réponse est non. Qui a donné l’ordre et les consignes pour la capture des fugitifs et pour le rétablissement de l’ordre sur place? personne », précise le ministre.

De l’autre côté, les éléments des forces de l’ordre notamment la gendarmerie nationale assume totalement ses responsabilités. Le Commandant de la circonscription inter-régionale de la gendarmerie nationale (CIRGN) de Fianarantsoa, Bernard Tsiketa, va même encore plus loin en affirmant que, « dans une situation pareille il vaudrait mieux que ce soit ces fugitifs qui tombent sous les balles que les éléments des forces de l’ordre», d’après ses propos  Le Directeur régional de l’administration pénitentiaire (DRAP) d’Atsimo Atsinanana, Patricia Razafindrakala appuie cette version et indique que ces prisonniers sont déjà au courant de ce qui les attendaient si jamais ils s’aventuraient à prendre la fuite. « Au moment de leur entrée en prison, ils sont déjà informés que l’évasion constitue un délit. Au moment où ils tenteraient d’escalader les murs, les gardiens pourraient tirer sur eux », a-t-elle expliqué.

Des criminels en cavale

L’enquête concernant cette affaire se poursuit mais le ministère de la Justice a déjà pu recueillir des informations auprès des fugitifs capturés et ceux qui se sont rendus aux autorités. La majorité d’entre eux disposent d’un dossier criminel qui pourrait être sanctionné par de lourdes peines allant de cinq à vingt ans d’emprisonnement ou encore d’une condamnation à perpétuité. Mais à cause de l’ajournement des procès, ils ne sont pas encore jugés. Selon le dernier bilan du ministère de la Justice, cette évasion massive a fait 23 morts. 47 sur les 88 fugitifs se sont rendus et 18 sont encore recherchés actuellement.

 

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