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Et si le pire est à venir ?

Covid-19

Prendre conscience de la réalité et sortir du déni n’est pas jouer à l’oiseau de mauvais augure.  L’évolution de la courbe de la pandémie doit inciter à l’humilité et invite au sens de la responsabilité. Si aucun pays n’échappe au Covid-19, le nôtre entre dans une phase critique et aucun signe ne permet de clamer que la situation est sous contrôle. Il n’est pas possible d’interpréter les chiffres selon son bon vouloir, surtout si on veut les lire à l’envers. Il s’agit de problème de santé publique.  Il n’y a aucun sens à émettre des messages favorisant le relâchement  et maintenir  l’urgence sanitaire.

L’apparition de nombreux cas de positivité au coronavirus, un peu partout sur le territoire, suscite l’inquiétude. Si on devait citer le cas de la ville de Toamasina, la situation devait être jugée très grave pour que les pouvoirs publics décident  l’envoi massif de militaires et obliger la population à se confiner. Malgré ce déploiement de moyens, cela n’a pas empêché les marchés d’avoir les mêmes fréquentations, comme en temps normal. Pire, des cas positifs sous traitement, ont quitté les lieux de soins et de mise en quarantaine, pour disparaitre dans la nature…

Ceci appelle une observation : à défaut de prendre les moyens adaptés pour accompagner les populations dans le besoin,  l’urgence va se transformer en crise sanitaire, que l’on n’ose même pas imaginer la suite.

Tronquer les statistiques pour calmer les esprits ne sera pas le meilleur moyen pour circonscrire la diffusion du virus. Un langage de vérité est non seulement un droit mais une exigence pour que  la population suive les directives.

L’opinion est dans le désarroi car les messages  officiels sont contradictoires. En ne définissant pas clairement les priorités, le pouvoir  prend le risque de prolonger ce long tunnel de contamination en repoussant plus loin le pic de la courbe, comme si on devait subir deux vagues pour le prix d’une seule. Il est d’ailleurs incompréhensible que la LFR2020 réduit drastiquement les budgets alloués au secteur de l’agriculture alors que la population n’a jamais été aussi vulnérable face à la famine.

De même et au risque de réclamer pour la nième fois la transparence sur la gestion des fonds octroyés par les bailleurs pour faire face à la pandémie, il est inacceptable que certains personnels de santé soient obligés de fournir eux-mêmes leurs matériels de protection individuelle alors qu’ils sont au contact permanent avec les malades.

Si aujourd’hui, le monde devait avoir les yeux tournés vers Madagascar, ce n’est pas pour les raisons clamées au mois de mars. L’écume des vagues de communication s’est progressivement estompée pour laisser place au principe de réalité. Sous d’autres latitudes, le reflux du Covid-19 s’accompagne d’un plan de relance massif, quand les représentants du secteur privé ont finalement été reçus au palais, trois mois après le début de la pandémie. Il est sûr, n’est pas Marshall qui veut.

Le moment ne doit pas être au tâtonnement ni aux effets d’annonces, il doit être à celui de la responsabilité. Personne ne gagnera à minorer ou à tronquer les chiffres en maintenant un petit  volume de tests. Les statistiques officielles n’empêcheront pas la propagation de ce virus. Le confort moral de lire des chiffres sous-évalués est un cynique mensonge qui pourrait devenir une catastrophe sanitaire.

A envisager le pire, c’est encore d’espérer le meilleur…

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