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Recrutement d’enseignants: Des milliers de maîtres FRAM « éliminés »

Dorénavant, le diplôme du baccalauréat est exigé pour le recrutement des maîtres Fram. Ils sont encore aux environs de 80 000 sur le territoire national mais combien d’entre eux arriveront à remplir les critères de sélection.

Le recrutement des enseignants passé au crible. Les Enseignants non fonctionnaire (ENF) ou Fram désirant intégrer la fonction publique doivent au moins remplir les dix critères imposés par l’Etat selon le conseil des ministres du mercredi 16 septembre.

Il faut désormais être titulaire du baccalauréat et d’un diplôme justifiant la maitrise de la langue française, maitriser l’outil informatique, avoir travaillé dans le secteur de l’éducation depuis six ans ou encore avoir suivi une formation pédagogique. Auparavant, l’ancienneté était le principal critère de recrutement, puis viennent les diplômes qu’ils soient académiques ou pédagogiques.

Ces critères devraient déjà s’appliquer dans la prochaine vague de recrutement Fram. L’objectif étant de rehausser la qualité de l’enseignement selon le Directeur de cabinet du ministère de l’Education nationale, Manda Ravelojaona. Selon toujours ce responsable, 8000 postes budgétaires dont 7500 pour l’enseignement général et 500 pour l’enseignement technique sont prévus pour la 7ème vague. Le ministère sera très strict pour faire respecter ces listes d’exigences. Il a cependant souligné qu’il se pourrait encore qu’elles soient encore modifiées en cours de route mais elles serviront de base de départ.

Depuis le recrutement en 2013, 70 000 maitres Fram environ sont recrutés dans la fonction publique mais ce responsable a fait savoir qu’il reste encore 80 000 à recruter. « Il ne sera plus possible de recruter des enseignants ayant un diplôme de BEPC ou n’ayant aucune qualification dans le domaine, mais qui, au fil du temps souhaiteraient devenir des bureaucrates et délaissent ses activités. Il faut mettre fin à ce cercle vicieux », a-t-il souligné.

La réforme du système d’enseignement a été très attendue par tous après l’arrivée d’une technocrate à la tête du ministère de l’Education. Ces critères de recrutement en font partie, sauf qu’elles ne reflètent pas la réalité sur le terrain, surtout dans les zones éloignées. Il fut un temps où ce ministère a publié un rapport indiquant que 2000 maîtres Fram en exercice ne disposent qu’un diplôme du CEPE. Mais combien d’entre eux ont mis leurs pieds à l’université ? Pour la confédération nationale syndicale SEMPAMA ou Sendikan’ny mpampianatra mpanabe eto Madagasikara, ces critères ne suffisent pas pour garantir la qualité de l’enseignement.

Selon la Secrétaire générale de cette confédération, Bodo Ranivoarisoa, de nombreux maîtres Fram disposent d’une dizaine, voire même une vingtaine d’années d’expériences dans le domaine de l’éducation mais n’ont pas le diplôme baccalauréat ou encore les critères exigées par l’Etat. «Depuis l’année 2014, nous avons toujours martelé que le recrutement massif n’est pas une solution si nous souhaitons combattre la corruption et miser sur la qualification des enseignants. Comme solution, le recrutement devrait se faire par voie de concours pour les enseignants ayant déjà bénéficier d’une formation », a-t-elle suggéré.

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