Economie

Relance économique: Le secteur privé veut un plan de survie et non un plan Marshall

 

Le Chef de l’État a récemment annoncé la mise en œuvre d’un plan Marshall qui sera financé à hauteur de 1 043 milliards d’ariary. A entendre ses explications, cette somme servira surtout à financer des projets d’infrastructures, dont devront bénéficier les 119 districts de la Grande île, pour relancer l’économie. Au lendemain de cette annonce, les réactions fusent, notamment du côté des organisations de la société civile ou encore des membres du secteur privé.
Réclamant plus de détails, un représentant du Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) soulève déja le « flou » concernant les sources de financement de ce fameux plan. Aucune précision à ce sujet n’a effectivement été livrée. « S’agit-il également de la somme totale du programme d’investissements publics qui sera donc réduite car dans le budget initial celle-ci était de plus de 4 000 milliards d’ariary ? Ou s’agit-il d’un millier de milliards d’ariary supplémentaires ?

Celui-ci remet également en question la priorisation des investissements annoncés. « Il ne s’agit pas là d’un mauvais plan. Il faudra cependant penser à s’assurer que toute la population en bénéficie. On parle de bâtir des hôpitaux dits « manara-penitra » alors que nous avons du mal à prendre en charge les malades au niveau de nos CSB2″, explique-t-il en guise d’illustration.

Le souci est tout autre pour les membres du secteur privé qui, avant de parler relance de l’économie, parle d’abord de survie. En effet, depuis le début de la crise sanitaire, 60 pourcent des entreprises membres du Groupement des entreprises franches et partenaires (GEFP) auraient déjà été contraintes de procéder à des chômages techniques. L’essentiel est actuellement de sauver des emplois, souligne un chef d’entreprise en détresse.

« Nous avons proposé un plan de mitigation pour nous en sortir, que le gouvernement n’a malheureusement pas accepté. Or dans ce plan, nous avons par exemple avancé des indemnités de chômage, dont le mécanisme avait déjà été élaboré. Nous y avons également mentionné tout ce qui est taxation pour alléger nos charges et continuer ainsi d’opérer. Nous attendons à sa place un plan d’urgence multisectoriel dont nous ne savons pas le contenu », se désole ce chef d’entreprise.
Le secteur privé aurait bien voulu être consulté davantage dans l’élaboration de ce plan d’urgence, comme ce qui aurait du également être le cas dans l’élaboration du projet de LFR. Une rencontre entre la Présidence et les acteurs économiques est prévue prochainement mais une fois encore ceux-ci se désolent d’être mis, une fois de plus, devant le fait accompli, sans possibilité de débattre réellement de la relance économique du pays.
Rabezandrina.

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page