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Pétrole amont: Départ discret et inquiétant des majors

British Petroleum a claqué la porte. L'intérêt d'investir dans le secteur pétrolier amont à Madagascar est une fois de plus remis en question.

Elles convoitaient gros à Madagascar. Elles rentrent finalement « bredouilles », et quittent le pays de la manière la plus discrète. Comme la compagnie autrichienne OMV en 2019, British Petroleum (BP) a également préféré plier bagage depuis plus d’un mois déjà, comme l’ont attesté des membres de l’Association professionnelle du secteur pétrolier amont de Madagascar (APPAM).

La fiscalité minière a été avancée comme étant une des raisons qui auraient motivé leur départ. Pour conforter cette théorie, on revient sur la demande d’exonération de la TVA que BP aurait déposé auprès du ministère des ressources stratégiques. Elle n’est pourtant pas la seule à avoir demandé cet allègement.

Les compagnies qui opèrent dans le secteur pétrolier amont parlent d’investissement à risque. Elles ont à plusieurs reprises demandé l’exonération fiscale de la TVA qui est actuellement de 20%. Pour justifier leur demande, un responsable d’une de ces compagnies a expliqué qu’un forage offshore coûterait 100 millions de dollars au minimum. Y ajouter 20 millions de dollars de TVA serait une surcharge qui n’encouragerait pas les investisseurs qui se sont déjà installés au pays à poursuivre leurs activités, et rend également réticents ceux qui voudront s’y lancer.

Mais le problème va apparemment au-delà de cette question de fiscalité. S’investir davantage vaut-il le coup? Malgré les fonds déjà investis, OMV et BP ont préféré rester au stade d’exploration. OMV a quitté la Grande île car « elle n’aurait pas trouvé ce qu’elle cherchait », a confié un des responsables de son dossier. D’ailleurs, parmi toutes les compagnies qui opèrent dans le secteur pétrolier amont, Madagascar Oil reste la seule à être parvenue à exploiter ses blocs pétroliers.

Le problème de Madagascar Oil à Tsimiroro n’est pourtant pas à présenter. Cette compagnie produit déjà depuis plusieurs années mais n’arrive pourtant pas à écouler ses180.000 barils de fuel. Celle-ci n’arrive pas à vendre localement ses produits malgré les promesses d’achat de la Jirama, par exemple. Et son projet est ainsi bloqué à cause d’un soi-disant problème de stockage de produits.

Quels seront donc les intérêts pour les compagnies qui sont encore dans l’exploration à passer au stade de l’exploitation ? Avec la crise que traverse le secteur pétrolier amont, les majors restent très prudents. Les spécialistes du secteur ne s’empêchent alors pas de demander : qui sera la prochaine compagnie à désister ?

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