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Transport zone nationale: Bras de fer entre l’Etat et les transporteurs

Pour éviter les attroupements dans les gares routières, l’Etat propose l’alternation des départs des "taxi-brousse". Les transporteurs s’y opposent car cela ne fera qu’encourager les activités des clandestins.

Se préparer et se réorganiser pour une éventuelle reprise des activités. C’était l’objet de la réunion entre le ministère des Transports, du tourisme et de la météorologie(MTTM), l’Agence des transports terrestres (ATT) ainsi que les transporteurs des zones nationales et régionales, à Ambodivona.

Les départs alternés proposés par l’Etat figuraient parmi les points débattus durant cette rencontre. Comme argument, le Directeur général de l’ATT, le général Jeannot Reribake, a avancé que cette option permettrait d’éviter les rassemblements et la promiscuité dans les gares routières. L’alternation des départs se fera en fonction des trajets et des destinations, afin de limiter le flux de personnes pour que le protocole sanitaire soit respecté.

« Prenons l’exemple de la gare Maki d’Andohatapenaka. Le départ des coopératives de transport desservant la route nationale n°01 se fera dans la matinée et celles de la route nationale n°04 dans l’après-midi. La répartition de ces départs revient par contre aux responsable de chaque gare routière », argumente Jeannot Reribake.

Les débats ont été vifs car cette proposition de l’Etat ne semblait pas convenir aux transporteurs. Le président du stationnement « Fasan’ny karana », Vincent De Paul Razafimanantsoa, a expliqué que ceci ne fera qu’encourager davantage les transporteurs clandestins. Selon lui, les entrées et les départs de la région Analamanga ont toujours eu lieu malgré la restriction durant le confinement. Avec la reprise des lignes qui desservent les zones nationales et régionales, ils se frotteront les mains car les véhicules qui seront mobilisés n’arriveront certainement pas à satisfaire toutes les demandes.

Le président de l’Association des transporteurs à Madagascar (ASTRAM), Fredinard Rakotondrafara, quant à lui a indiqué que les transporteurs ont grandement besoin de l’aide financière de l’Etat. Avec ces départs alternés, il se pourrait que certains véhicules ne soient pas mobilisés pendant une semaine, ce qui constitue une grande perte pour leurs propriétaires.

La hausse des frais se profile à l’horizon

Cette éventuelle reprise des activités des transporteurs se fera dans le respect du protocole sanitaire. Outre la mise en place des dispositifs de lavage des mains dans les gares routières, la distanciation physique est également obligatoire dans les véhicules.

Les banquettes à six places seront entre autres réduites à quatre place et les quatre places à trois ou deux places. Les passagers doivent ainsi combler les pertes engendrées par ces places vides. Le général Jeannot Reribake a toutefois rassuré que cette hausse ne devrait pas dépasser les 10 000 ariary. Mais là encore, c’est une autre question car les associations des consommateurs n’ont pas encore exprimé leurs avis sur le sujet.

 

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