Société

Santé de la reproduction: La légalisation de l’avortement revient au centre des débats

L’avortement thérapeutique n’est pas encore autorisé à Madagascar. Les activistes, les associations et les professionnels de santé plaident en faveur des femmes pour défendre leurs droits de le pratiquer en toute légalité. Mais d'autres entités ne l'entendent pas de cette oreille.

Les militants en faveur de l’avortement thérapeutique ne s’avouent pas vaincus. Ils poursuivent le combat pour ce qu’ils considèrent être un droit fondamental pour les femmes. C’est dans le cadre de la journée mondiale du droit à l’avortement que le mouvement « nifin’akanga » a organisé une conférence en ligne portant sur le thème « l’avortement dans le contexte du covid-19 à Madagascar. Entre les pratiques et les lois caduques ». Les deux médecins qui ont participé à cette conférence ont indiqué que malgré la pénalisation de l’avortement, cette pratique est encore courante à Madagascar. Cependant, elle se fait clandestinement, mettant parfois en cause la vie de la femme.

« Une proposition de loi concernant l’avortement sécurisé dans les cas d’inceste, de viol et d’avortement thérapeutique a été adoptée par l’Assemblée Nationale mais n’a pas abouti au niveau du Sénat. Pourtant, beaucoup de jeunes filles sont amenées à avorter suite à un acte de barbarie et courent le risque d’y laisser leur vie » selon le président du Juritechmad, Me Francis Ralahy.

Par ailleurs, les avortements sont sans risque s’ils sont pratiqués à l’aide d’une méthode préconisée par les médecins et appropriée à la durée de la grossesse. Mais la réalité est tout autre, car il arrive que les matrones introduisent des plantes dans l’utérus ou le perfore à l’aide d’un outil tranchant engendrant une stérilité irréversible selon le responsable des études auprès du « nifin’akanga », le Dr Fanzy Mefire.

Une étude est également en cours pour identifier  les méthodes qui sont les plus utilisées dans le pays. En attendant la publication des résultats, il a déjà cité quelques exemples comme les comprimés, le curetage, les sondes, les plantes ainsi que l’aspiration. De son côté, le Dr Miel Rafamantanantsoa, médecin généraliste exerçant à Fianarantsoa a indiqué que, pour la plupart, les femmes ne rejoignent les centres de santé que lorsque la situation se complique. L’hémorragie et les infections causées par l’avortement non-sécurisé les obligent à se rendre dans les hôpitaux ou les centres de santé. Selon les estimations du ministère de la Santé publique, les avortements à risques sont de l’ordre de 75 000 par an.

Propriété de soi et droit à la vie

Le droit à l’avortement thérapeutique est encore un combat de longue haleine à Madagascar alors que c’est la liberté des femmes à disposer de leur corps. Selon toujours le Dr Miel Rafamantanantsoa, les médecins ne sont pas encore autorisés à mettre fin à une grossesse même si elle met en danger la vie de la mère ou lorsque le bébé est atteint de graves anomalies congénitales. C’est pour cette raisons que les femmes cherchent souvent des solutions ailleurs et font appel aux matrones ou aux praticiens. « La plupart des avortements procèdent de choix personnels. Sa décision se repose sur plusieurs paramètres et ce choix doit être respecté », a-t-il indiqué. L’activiste Mbolatiana Raveloarimisa ira même jusqu’à dire que l’Etat devrait songer à mettre en place une structure pour la prise en charge des femmes qui ont opté sur ce choix et qui ne se focalisera pas seulement sur la prise en main médicale mais également psychologique.

 

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