Société

Code municipal d’hygiène: La mairie serre la vis aux tananariviens

Le nouveau code municipal d’hygiène a suscité de vive polémique. Les sanctions annoncées ne s’alignent pas à la réalité vécue par les habitants de la ville des Milles.

Indignation générale contre le Code municipal d’hygiène (CMH). La grogne monte après la publication des textes régissant ce code sur les réseaux sociaux. La toile s’est affolée en constatant les sanctions annoncées dans quelques chapitres de ce livret. Il y a entre autres, le paiement d’une amende de cinq millions d’ariary pour les karaoke qui ne respectent pas les horaires de fermeture et qui causent des nuisances sonores pour le voisinage. Le propriétaire de chien qui peut provoquer de tapage à cause de ses aboiements peut aussi écoper d’une amende de 50 000 ariary. Une amende de 50 000 ariary est aussi prévue pour les propriétaires d’habitations qui ne dispose pas de système d’assainissement individuel. Il en est de même pour l’évacuation des eaux usées aux abords des voies publiques, susceptible d’une amende de 300 000 ariary.

Les eaux pluviales qui tombent sur le toit d’une habitation sans le système de récupération ou gouttières sont par ailleurs punie d’une amende de 300 000 ariary tandis que les lieux d’habitations situés aux abords de l’Avenue et des routes principales doivent être peints sinon leurs propriétaires seront dans l’obligation de payer un millions d’ariary d’amende. Même les mendiants sur la voie publique qui dérangent autrui doivent payer 5000 ariary, idem pour ceux qui squattent les espaces publics pour en faire leurs lieux d’habitation. Ce ne sont que des exemples parmi tant d’autres mais qui ont provoqué l’indignation de beaucoup d’internautes.

De l’autre côté, la Commune urbaine d’Antananarivo se veut être rassurante en indiquant qu’il compte sur ce nouveau texte pour rendre sa dignité à la ville. Le premier magistrat de la ville d’Antananarivo ira même jusqu’à dire que le CMH a été mis à jour pour se conformer à la réalité quotidienne. La prochaine étape consistera à communiquer à large échelle son contenu. Elle a aussi tenu à rassurer par la mise en place des mesures d’accompagnements pour que les citoyens puissent se conformer au code comme la construction des infrastructures sanitaires au niveau des arrondissements.

Malgré cette assurance, la réalité est toute autre. Non seulement, les amendes sont trop lourdes mais ce sont les textes en question qui sont loin de correspondre aux infrastructures existantes dans la Capitale. Selon la conseillère municipale élue sur la liste « komba », Hilda Ravelonahina, les conseillers municipaux n’étaient pas aux courants des amendes et des modifications apportées dans ce code. Le contenu du CMH n’a pas non-plus fait l’objet de mûre réflexion. Elle a toutefois souligné qu’il n’est aucunement question de contredire la loi mais de conscientiser les responsables sur les impacts d’une telle décision sur la vie des habitants. La conseillère municipale, Clémence Raharinirina, a également partagé son avis. Les amendes ne sont pas à la portée des citoyens, elle qui n’a pas manqué de dénoncer l’absence de logique dans certaines chapitre de ce code. «Comment empêcher son chien d’aboyer ? Comment faire payer une amende à un mendiant bien que leur présence sur la voie publique puisse quelquefois déranger ? », se demande-t-elle.

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