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Importation de carburants: Oman trading relaie Totsa en tant que fournisseur unique de Madagascar

Un nouvel appel d'offres pour l'approvisionnement en carburant de la Grande île a été lancé par le Groupement pétrolier. C'est une compagnie omanaise qui a eu le marché.

C’est Oman trading qui se chargera d’importer les carburants de Madagascar à partir du mois de septembre et pour les six prochains mois. C’est cette compagnie nationale du sultanat d’Oman qui a décroché le marché, suite à l’appel d’offre commun lancé par le Groupement des pétroliers de Madagascar (GPM). C’est ce qu’a confié le Directeur général de l’Office malgache des hydrocarbures (OMH), Olivier Jean-Baptiste.

Oman Trading prend ainsi le relais de Total trading SA (TOTSA), la société de négoce et de transport de pétrole de la compagnie Total SA, qui avait décroché le premier appel d’offre au mois de février. Dans la pratique, la compagnie omanaise se chargera de livrer jusqu’au port de Toamasina les produits que les quatre distributeurs locaux vont commander. Ce sera donc le même produit pour toutes ces compagnies pétrolières, mais les articles ne seront forcément pas facturés avec les mêmes prix.

Le projet d’avoir un importateur unique de carburants pour la Grande île avait été initié du temps de l’ancien ministre des hydrocarbures, Vonjy Andriamanga. L’objectif à l’époque était de réduire le prix du fret qui était de 40 dollars la tonne métrique à 20 dollars. Ce projet a finalement été lancé cette année, notamment avec un appel d’offres qui a été conjointement lancé par les distributeurs membres du GPM.

Beaucoup se demandait pourtant si cette démarche suit le cadre légal, car on estime que c’est plutôt au ministère des hydrocarbures de lancer l’appel d’offres. Mais de quels cadres réglementaire ou législatif parle-t-on? La transparence concernant les deux appels d’offres lancés ne semblait pas, d’un autre côté, avoir  été considérée.

Nous n’avons effectivement pas idée de l’étendue de leur diffusion pour mesurer, par exemple, l’intérêt que Madagascar suscite dans l’approvisionnement pétrolier. Les six mois sont-ils intéressants pour les traders? Qu’en est-il du risque pays? Et même si les risques avec les distributeurs sont minimes, les candidats potentiels savent le problème des arriérés de l’État envers les pétroliers. D’ailleurs, selon les indiscrétions, la bataille finale lors du dernier appel d’offres se jouait encore entre TOTSA et Oman trading.

Les soi-disant « gains » invisible sur les prix à la pompe

Cette opération doit normalement profiter aux consommateurs et devrait baisser les tarifs. D’après les « calculs » faits par un spécialiste du secteur pétrolier aval, 10 dollars par tonne correspond en moyenne à 30 ariary par litre, en plus ou en moins, à appliquer à la pompe. Sauf que jusque là, on n’a pas encore idée des gains obtenus avec le premier appel d’offres, ni du second d’ailleurs.

«L’optimisation du fret ne peut que réduire les coûts d’importation. C’est seulement quand les volumes importés sont importants que le coût du bateau est réellement réduit. Les cours de fret obtenus sont les mêmes que ceux de la STC à Maurice. L’ajustement du prix à la pompe ne dépend pas que du fret. Il y a d’autres paramètres en jeu, comme le taux de change et le Platts (prix de référence jugé le plus fiable pour les cours du pétrole)», a expliqué un haut responsable d’une compagnie pétrolière.

L’ajustement des prix à la pompe n’est d’ailleurs plus systématique pour Madagascar depuis des années. Aussi, le pays a toujours enregistré des écarts significatifs entre les prix des références et ceux proposés aux stations-services. Du mois de septembre 2019 au mois de janvier 2020, par exemple, une hausse de 300 à 400 ariary aurait dû être appliquée (avec l’évolution du prix du brut et la situation de la monnaie locale). Pareil, une baisse moyenne de 500 ariary aurait également dû être appliquée au mois de juin de cette année avec ces mêmes paramètres. Les consommateurs, jusque-là, ont droit à un statu quo qui dure plus d’un an maintenant.

La SPM demeure « non opérationnelle »

L’Etat avait annoncé que la SPM (State procurement of Madagascar) devrait déjà être en mesure d’importer des carburants vers la fin de l’année dernière. Ce qui n’a pas été le cas. Au début de l’année 2020, c’est TOTSA qui a été chargée de cette opération. Et voilà que pour les six prochains mois, celle-ci sera confiée à l’Oman trading. L’entrée en scène de la SPM n’est donc pas pour demain.

La SPM peut-elle d’ailleurs fournir assez d’assurance et de garanties pour que des compagnies acceptent de lui fournir des produits pétroliers? On ne sait même pas à l’heure actuelle sur quels produits celle-ci compte finalement se spécialiser. Avec la crise liée à la Covid19, la SPM a préféré se focaliser sur l’importation de produits de première nécessité comme le riz. A moins que des accords de pays à pays, comme avec l’ex Union Soviétique d’antan, se préparent quelques parts. Ce sera une autre histoire…

 

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