Fait DiversSanté

Insécurité: Des paramédicaux menacent d’abandonner certains postes sanitaires

Un personnel paramédical vient de perdre sa vie suite aux attaques des dahalo à Ampanihy. Les paramédicaux prévoient d’organiser des journées de deuil national pour tirer la sonnette d’alarme sur le problème d’insécurité, sous toutes ses formes.

Le personnel paramédical dénonce des cas d’agressions devenus récurrents sur leurs lieux de travail. Pas plus tard que mercredi vers 19h, le chef du Centre de santé de base niveau I (CSB) de Beteva, commune rurale d’Ampanihy dans le district de Miandrivazo est tombé sous les balles des « dahalo ». Ce défunt est aussi le maire de cette commune.

« Ce meurtre démontre encore une fois que les agents de santé ne sont pas préservés contre les attaques des dahalo, surtout ceux qui travaillent dans les zones enclavées », déplore le président du Syndicat des infirmiers et sages-femmes de Madagascar (SISFM), Jerisoa Ralibera. Tout le monde se souvient encore du kidnapping d’un agent de santé à Tsaratanana, qui a défrayé la chronique l’année dernière. Des sages-femmes ont également fait l’objet d’un viol collectif dans le CSB de Sadabe, à Manjakandriana en décembre. Des membres du personnel de santé ont aussi perdu leur vie à Ambahikily et Amboasary Sud.

« Le bureau national lance un appel à l’Etat pour la mise en place d’éléments des forces de l’ordre dans les zones rouges. En attendant la mise en place d’un dispositif de sécurité, les personnels de santé qui se sentent en danger doivent déserter les lieux, quitte à fermer les centres de santé de base », a-t-il indiqué.

Ce n’est plus nouveau. Car le personnel paramédical a déjà lancé des appels de détresses à maintes reprises. Après le rapt à Tsaratanana, des promesses ont été faites par l’Etat concernant la mise en place de dispositif de sécurité au niveau des formations sanitaires mais elles n’ont jamais été exécutées. Ainsi, le syndicat a prévu d’organiser des journées de solidarité nationale pour rendre  hommage aux membres du personnel de santé qui ont succombé à cause de l’insécurité ou encore ceux qui ont subi des agressions.

Normalement, ces journées de deuil se déroulent en deux jours avec la suspension de leurs activités, selon toujours Jerisoa Ralibera. « L’article 6 de la loi 2003-011 portant statut général des fonctionnaires stipule que le fonctionnaire a droit, conformément aux dispositions fixées par la loi pénale, dans l’exercice ou à l’exercice de ses fonctions, à la protection de l’administration dont il relève, contre les menaces, outrages, injures ou diffamation, quel qu’en soit la nature. Nos droits sont bafoués, nous travaillons dans des conditions extrêmement délicates en raison du manque des moyens de sécurité », a-t-il conclu.

 

Afficher plus

Articles similaires

Bouton retour en haut de la page