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Crise socio-économique: Le secteur privé condamné à survivre sans l’aide de l’Etat

Une partie des aides des bailleurs de fonds en ce temps de crise est prévue pour aider le secteur privé. Les opérateurs n'ont pas senti jusqu'à ce jour l'odeur de cet argent.

« Malaza tsy hihinana ». Le décaissement des aides des bailleurs de fonds devrait normalement réjouir les opérateurs économiques du pays en ce temps de crise. Une partie de ces aides devrait en effet servir à appuyer le secteur privé en détresse, mais ces opérateurs n’ont malheureusement pas encore reçu cette aide financière censée leur être apportée, comme l’a témoigné le président du Groupement des entreprises de Madagascar (GEM), Thierry Rajaona.

Bien que bénéficiant de plusieurs centaines de millions de dollars pour faire face à la crise qui prévaut, l’État a quand même indiqué ne pas disposer de moyens pour subventionner les entreprises. Il n’est pourtant plus à rappeler que c’est cette subvention que réclame le secteur privé, qui enregistre actuellement une perte d’activité de 50% et qui se confronte encore à l’incertitude liée à cette pandémie.

Thierry Rajaona a alors rappelé que le GEM, qui totalise plus de 2000 entreprises, a déjà demandé à l’État d’assurer, en urgence, les salaires partiels des entreprises en baisse notable d’activités ou en chômage technique. L’Etat était également appelé à financer avec les entreprises la formation du personnel en vue des perspectives futures post-Covid 19. Et pour leur permettre de continuer leurs activités, ce groupement demandent des subventions pour les charges exceptionnelles des entreprises, notamment pour celles dans le tourisme.

L’Etat, de son côté, a indiqué avoir déjà fait tout son possible pour venir en aide à ces entreprises. Le président de la République a, par exemple, indiqué devant les opérateurs touristiques de Nosy Be qu’un manque à gagner de 135 milliards d’ariary est enregistré, avec les allègements et dispositions fiscales en faveur du secteur du tourisme et des entreprises franches. Ce qui est tout de même rien par rapport au manque à gagner de l’ordre de 620 millions de dollars que le secteur du tourisme à lui seul enregistre cette année, comme indiqué par le Plan multisectoriel d’urgence (PMDU).

L’État parle également de facilitation pour l’accès aux crédits pour les entreprises. Mais rares sont les opérateurs qui prendront le risque de contracter des prêts, compte tenu de l’incertitude sur l’avenir de leurs activités.En gros, l’Etat n’a pas à débourser un sou. Il reporte juste le paiement des obligations fiscales. Il encourage l’accès aux crédits mais c’est aux opérateurs de les régler. Bref, le secteur privé doit se débrouiller avec ses propres moyens pour survivre.

 

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