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Aides sociales : Des pratiques qui rappellent la Révolution socialiste

La distribution des aides étatiques pour la population dans le besoin, en raison de la crise socioéconomique et sanitaire, se déroule d’une manière cacophonique. Une situation de crise qui rappelle les années noires du socialimse "rouge" du début des années 80.

Des hommes et des femmes qui haussent le ton, qui crient devant les micros des journalistes. C’est le quotidien des téléspectateurs Malgaches qui suivent le déroulement de la distribution des aides sociales dans le cadre de la crise liée au covid-19. L’organisation laisse à désirer, et, surtout, la liste des bénéficiaires n’a jamais été fixée d’une manière définitive.

« Je fais la queue depuis quatre heures du matin, mais je n’ai rien obtenu, je ne figure pas dans la liste des bénéficiaires», explique Riana, une mère de famille, avec un enfant dans les bras. Au niveau du fokontany, à Androndra, par exemple, on a beau expliquer qu’il n’y avait pas de liste additive et que seuls les bénéficiaires lors de la première vague peuvent en bénéficier, mais cela n’a jamais été suffisamment expliqué auprès de toute la population, dont la plupart sont dans le besoin actuellement.

La crise du covid-19 a fait perdre des revenus à une frange non négligeable de la population tananarivienne, en confinement depuis un mois.

A divers endroits de la capitale, et dans les communes périphériques, c’est le désordre total, notamment depuis le début de ce mois d’août. On distribue parfois des sacs de riz à tout va, on distribue des petites enveloppes avec une somme d’argent, on fait la queue au niveau des agences bancaires etc. Mais tous ceux qui sont dans le besoin ne bénéficient pas de cette aide.

Dans le quartier d’Antanandrano, le président du fokontany a précisé que la liste initiale des bénéficiaires des aides compte 50 personnes, mais plus de 3000 autres individus sont par la suite venus s’inscrire, entraînant une véritable pagaille. Très peu ont reçu de l’aide, au final. Liza, une femme âgée de 85 ans, dans le besoin, généralement alitée, mais qui a fait le déplacement pour l’occasion, n’en fait pas partie.

A cette allure, il n’est guère étonnant si des manifestations de mécontentement sont souvent improvisées à différents endroits de Tanà, ou dans les communes périphériques. Les maires et les Chefs fokontany sont débordés. « Le président de la République a promis que nous allons tous bénéficier d’une aide», martèle une autre mère de famille, rentrée bredouille.

Les partis politiques de l’opposition ont beau apporté des contre-propositions concernant cette désorganisation totale. La situation perdure.

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